La vallée de la Bourbre est un ensemble paysager qui n’existe pas dans les atlas de paysages régionaux et départementaux réalisés jusqu’alors. Mais le socle géographique et les transformations des paysages de la vallée sur les 20 dernières années, liées à l’urbanisation, imposent l’identification d’un ensemble paysager bien distinct entre les collines du Rhône Dauphinois et les collines et plateaux des Terres Froides.
La vallée de la Bourbre, trop souvent oubliée, est formée par une rivière structurante du département. Les paysages de la vallée urbanisés et équipés, constituent un axe stratégique majeur pour le département, une dorsale urbaine dynamique entre Lyon et Chambéry. La vallée est dominée par une urbanisation diffuse et des infrastructures de transports mais elle est aussi caractérisée par de vastes espaces de marais, milieux humides et cultivés de grande qualité.
La séquence amont de la vallée, plus rurale et agricole, est intégrée à l’ensemble paysager des Collines du Voironnais. L’ensemble de la vallée de la Bourbre comprend 3 séquences paysagères :
« Les paysages que je traverse au quotidien sont si différents…
Au départ de mon domicile je traverse des champs, des étendues verdoyantes qui dans le passé abritaient des animaux, des vaches notamment qui paissaient. Arrivée dans le Rhône le paysage change et le béton est majoritaire.
Aujourd’hui l’urbanisation et l’arrivée des citadins lyonnais, attirés par un cadre de vie plus sain et des prix plus attractifs, ont bouleversé le paysage de Charvieu et ses alentours.
Pour me rendre à mon lieu de travail j’ai deux options: la voiture ou le tram à Meyzieu. Le tram a un impact sur l’environnement moins important que la voiture et je m’efforce de le prendre dès que possible.
« Mes souvenirs d’enfant comportent énormément de scènes où le vert prédomine. Le mode de vie a changé et nous n’allons plus à la ferme chercher le lait frais. »
La vue des champs a un effet reposant, déstressant, notamment en automne ou en hiver lorsque une brume habille les champs. Le spectacle est magnifique; on peut voir une épaisse couche nuageuse qui flotte presque. Le gel en hiver couvre les arbres et là aussi le spectacle mérite qu’on s’y arrête.
Des animaux sauvages habitent dans les bois mais on ne peut les voir car ils sont effarouchés par l’activité humaine. Il faut être patient et attendre la pénombre, la nuit et les voir sortir, gambader. La nature leur appartient. L’été on peut entendre les oiseaux.
Malgré une urbanisation grandissante, il reste des espaces verts, des sentiers où l’on peut se promener en toute quiétude; à côté de chez moi un ranch et ses chevaux proposent des activités en plein air. Sinon le parcours de santé, fait au milieu d’un bois, nous permet de marcher et courir.
Crémieu et sa cité médiévale, son marché sous les halles attirent les touristes et les promeneurs du dimanche.
Je me souviens, enfant, nous allions avec mes parents à Vernas marcher, pique-niquer.
Mes souvenirs d’enfant comportent énormément de scènes où le vert prédomine. Le mode de vie a changé et nous n’allons plus à la ferme chercher le lait frais.
Aujourd’hui les paysages changent avec beaucoup plus de constructions en dur, malgré cela les maires des différentes communes ont pris conscience de l’importance de la nature, des espaces verts à protéger, créer, pour offrir aux habitants un cadre de vie reposant et limiter le bilan carbone afin que les générations suivantes puissent s’épanouir sereinement. »
« Malgré une urbanisation grandissante, il reste des espaces verts, des sentiers où l’on peut se promener en toute quiétude »
La lecture des paysages est issue de la conjugaison des thématiques observées dans les chapitres précédents. Mais les paysages sont aussi constitués par le regard que l’on porte sur eux et des images que l’on s’en fait, nourris par un imaginaire social et culturel. On ne pourrait donc pas comprendre leur construction sans tenir compte des fondements culturels qui ont forgé leurs représentations sociales.
Voici quelques faits historiques et culturels locaux qui ont marqué les esprits, ont participé à la représentation sociale des paysages et influencent notre manière de les percevoir.