L’Oisans correspond au bassin versant de la Romanche en amont de la confluence avec l’Olle. Les paysages s’organisent autour de deux massifs (les Grandes Rousses et les Écrins) et plusieurs vallées encaissées affluentes de la Romanche.
Les paysages d’en haut, grandioses, emblématiques, ouverts dominés par la roche et l’herbe sont prisés et constituent une destination prisée et recherchée. Ces paysages illustrent le paradoxe entre le développement croissant des équipements liés aux loisirs et la puissance de la nature.
Les paysages d’en bas, fermés, encaissés, assurant le lien avec la vallée et Grenoble sont des paysages qu’on traverse. Ils sont les garants de l’authenticité et de l’âme montagnarde car ils correspondent aux premiers paysages habités de l’Oisans.
La rudesse des pentes et les équipements liés à la gestion des risques le régime torrentiel des rivières et la nécessité de les canaliser, et l’impact des infrastructures et des équipements touristiques et énergétiques apportent aux paysages un caractère austère. Ces empreintes humaines sont fortement perceptibles dans le paysage et contrastes avec la forte naturalité des paysages de l’Oisans. La rare présence des glaciers dans les silhouettes des sommets les plus hauts rappelle aux visiteurs le caractère fragile des paysages uissans face au changement climatique.
L’Oisans est aussi un territoire d’alpage important qui offre de vastes paysages ouverts caractéristiques et emblématiques.
Plus qu’une entité géographique nettement délimitée, l’Oisans désigne une patrie, celle des alpinistes qui en furent comme les pères fondateurs.
«La montagne c’est un choix de vie. Depuis 30ans je parcours au quotidien les paysages de l’Oisans, autant pour le travail que pour les loisirs. Habitant du Bourg d’Oisans et travaillant à l’Alpe d’Huez, mon quotidien illustre le lien très fort qu’il existe entre le «monde d’en haut», en station et le «monde d’en bas», dans la vallée.
La montagne amène à la contemplation par ses couleurs et ses reliefs, mais parfois l’empreinte d’anciens aménagements viennent gâcher la beauté du naturel. Dans les années folles, au cours des années 1970 / 80 le développement considérable des domaines skiables a crée de grandes cicatrices dans l’espace montagnard, notamment dans l’étage compris entre 2300m et 3000m d’altitude. On taillait la montagne directement dans le minéral mais maintenant heureusement c’est surveillé.
Notre équipe aménagement et entretien du paysage, du service des pistes de SATA Group est là pour faire en sorte de continuer a développer, aménager et gérer les pistes tout en minimisant notre impact dans les paysages d’été:
« La montagne amène à la contemplation (…) mais parfois l’empreinte d’anciens aménagements viennent gâcher la beauté du naturel. »
Les actions principales de l’équipe se situent surtout sur le bas des pistes et autour de la station. Elles concernent: le terrassement et le reprofilage pour favoriser la glisse, le maintien de la neige et la bonne gestion de l’eau; et l’enherbement et les plantations pour «reprendre une cicatrice» liée à des travaux. L’équipe intervient sur des fins de chantiers (terrassements pour les pistes, canalisations d’enneigeurs), mais aussi sur un entretien régulier des alpages.. Un travail spécifique avec notre fournisseur nous permet d’adapter nos graines à l’altitude et à l’ensoleillement. 4 à 5ha sont enherbé et retravaillé par l’équipe tous les ans dans l‘objectif d’effacer les «traces» au bout de 1 ou 2 saisons.
La gestion du domaine skiable est un travail collectif, nous travaillons avec différents partenaires tels que l’Office National des Forêts et l’Association Foncière Pastorale. Dans les années 1970 des plantations fond leur apparition sous un objectif de protection contre les avalanches, aujourd’hui cet objectif reste d’actualité et tout en développant ces plantations on cherche à leur donner un aspect plus naturel, moins rectiligne.
Aujourd’hui avec le contexte de réchauffement climatique on est obligé de réaliser des plantations arborées au sein du domaine skiable, sur des pans de montagne entier. La collaboration avec les différents partenaires compétents est donc essentielle.
Aussi, une importante partie du domaine skiable est laissée en gestion au berger. Ici, le berger est salarié. C’est lui et ses bêtes qui assurent l’entretien de l’alpage. L’herbe courte avant l’hiver permet de limiter les avalanches. En fonction des versants, le cheptel est différent. L’été vous pouvez croiser des bovins sur les pistes de l’Alpe d’Huez et des ovins sur les pistes d’Auris et de Villard-Reculas.
« 4 à 5ha sont enherbé et retravaillé par l’équipe tous les ans dans l’ objectif d’effacer les «traces» au bout de 1 ou 2 saisons. »
La tendance n’est pas à l’extension des remontées mécaniques en nombre et en longueur mais plutôt à la modernisation des équipements pour réduire le nombre de pylônes dans le paysage. Le contexte de réchauffement climatique est la cause première des évolutions sur le domaine ces dernières années. La neige de production se modernise et se développe de manière raisonnée. Elle reste essentielle afin de garantir une bonne skiabilité sur la durée des saisons. Concernant la transition «4 saisons» les stations de moyenne montagne ont une avance sur nous, en ayant eu une réflexion autre que le tout ski depuis plusieurs années.
Ici on n’aménage pas des sentiers de randonnée mais des sentiers piétons accessibles à tous. On développe le vtt et en particulier le vtt avec assistance électrique sur des itinéraires existants. Notre travail est de gérer, anticiper et cadrer les nouveaux usages sur les itinéraires, soit en séparant les flux, soit en créant des espaces partagés avec des panneaux informatifs pour éviter les conflits d’usage.
« Ici on n’aménage pas des sentiers de randonnée mais des sentiers piétons accessibles à tous. On développe le vtt et en particulier le vtt avec assistance électrique sur des itinéraires existants. »
La période du ski s’étale de début décembre à fin avril. La période du vtt s’étale de fin juin à fin aout. Donc notre équipe travaille entre les deux saisons touristiques, soit de fin mai à fin juin puis d’octobre à décembre.»
La lecture des paysages est issue de la conjugaison des thématiques observées dans les chapitres précédents. Mais les paysages sont aussi constitués par le regard que l’on porte sur eux et des images que l’on s’en fait, nourris par un imaginaire social et culturel. On ne pourrait donc pas comprendre leur construction sans tenir compte des fondements culturels qui ont forgé leurs représentations sociales.
Voici quelques faits historiques et culturels locaux qui ont marqué les esprits, ont participé à la représentation sociale des paysages et influencent notre manière de les percevoir.