Atlas des paysages
Département de l'isère

Ensemble paysager

5.05

les collines du rhône dauphinois

Les communes de l'ensemble paysager par unité paysagère

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Motifs paysagers structurants

1. à premières vues

« Toutes les conditions sont réunies pour faire des paysages de l’Île Crémieu les paysages les plus pittoresques de l’avant-pays dauphinois sinon de l’Isère entière. »

« Le pays est comparable à un labyrinthe, que ce soit en surface, s’agissant des chemins qui le parcourent et mettent les sites en relation, ou en profondeur, dans les kilomètres de galeries souterraines qui redoublent son mystère. Il semble avoir toujours été habité, plus ou moins secrètement, plus ou moins ouvertement. »

« On y reconnaît un de ces paysages de collines où l’activité agricole est encore très présente et maintient des continuités ouvertes au milieu de boisements cependant importants sur les pentes les plus fortes. »

Les paysages des collines du Rhone dauphinois sont composés de trois grandes structures paysagères aux ambiances différentes. De manière générale, ils constituent un objet de convoitise pour les urbains souhaitant profiter des atouts d’une campagne bucolique et pittoresque, aux nombreux éléments de patrimoine, culturels, bâtis et naturels. Il s’agit d’un cadre de vie préservé, territoire facilement accessible et connecté aux grands pôles urbains à proximité et aux paysages de qualité.

Mais l’est et l’ouest, aux reliefs distincts, se présentent différemment, l’ouest étant moins urbanisé que l’est. On peut facilement se retrouver seul au milieu du grand plateau de l’Isle-Crémieu, alors qu’il est difficile de trouver un horizon qui ne soit pas jalonné de constructions récentes dans les collines de Morestel et de Saint-Chef, sous pression de l’urbanisation de la vallée de la Bourbre.

2. Regard d'acteur

« Le plateau de l’Isle-Crémieu, lieu de passage vers Grenoble, renferme des richesses naturelles et paysagères uniques en Isère »
Raphaël QUESADA

Directeur de l’Association Nature Nord-Isère « Lo Parvi », L’Isle-Crémieu

« Natif du territoire des collines du Rhône dauphinois, j’y suis resté durant toute ma vie et je me suis engagé, par le mode associatif, pour sa protection afin de le faire reconnaître à sa juste valeur aux yeux de tous. Notre rôle dans le paysage, c’est la mise en place de différents outils ayant pour but la préservation du patrimoine naturel, repris dans les documents de planification.

Les collines du Rhône dauphinois sont souvent méconnues car uniquement perçues et pratiquées comme un lieu de passage pour aller vers Grenoble et les paysages de montagnes à l’est du département. Néanmoins, le plateau de l’Isle-Crémieu renferme des richesses naturelles et paysagères uniques et diversifiées. De vastes mosaïques paysagères se forment : par exemple, un basculement franc de falaises rocheuses vers des zones de tourbières au plateau de Larina, une succession de boisements plus ou moins denses avec une omniprésence de l’eau. Ainsi, cette diversité paysagère se retrouve dans la faune, la flore, leur habitat : toute la biodiversité.

« Le marais du Catelan a un énorme potentiel paysager et écologique de part sa situation géologique ».

Aujourd’hui, lorsque j’observe les paysages de plaine des collines du Rhône dauphinois, je me prends à rêver de l’harmonie entre la part importante de grandes cultures et des zones humides du Catalan. Ce marais a un énorme potentiel paysager et écologique du fait de sa position sur un plateau calcaire et sa proximité de grandes cultures céréalières et de maïs. Sa mise en valeur par un retour en eau formant le plus grand marais de l’Isère améliorerait la qualité de l’eau et surtout la qualité paysagère du lieu, avec un paysage de tourbières étant davantage fermé par rapport à aujourd’hui.

Néanmoins, ce paysage utopique de cette partie de la plaine devient de moins en moins réaliste vis-à-vis du développement de la culture de chanvre. En effet, la mise en place de ce type de culture, servant dans la composition du béton pour le rendre isolant, créerait un renouveau de la filière agricole existante. Ces cultures peuvent être de réelles alternatives au maïs car la plante est bien moins gourmande en eau, surtout l’été. Cela fait sens avec les problématiques autour de l’eau présente dans le département aujourd’hui et probablement dans les années à venir.

« La mise en place de la culture du chanvre créerait un renouveau de la filière agricole existante ».

Notre principal objectif dans ce territoire, c’est de maintenir des paysages ouverts, par la sauvegarde d’espaces de prairies accueillant les animaux d’élevage, de vastes espaces de zones humides et de tourbières et de veiller à l’équilibre avec les espaces de grandes cultures. Nos actions auprès du patrimoine naturel sont : de classer l’existant, sous forme d’inventaires, de l’entretenir par diverses opérations, par exemple pour les étangs, des curages pour évacuer de potentiels éléments polluants, de le sauvegarder par des périmètres de protection et de le valoriser auprès de tous les acteurs locaux par le biais de la médiation et de la mise en norme dans les documents de planification.

« Le plateau de l’Isle-Crémieu, lieu de passage vers Grenoble, renferme des richesses naturelles et paysagères uniques en Isère ».

L’exemple le plus marquant en termes de coopération de nos services pour la sauvegarde d’une qualité paysagère, c’est vis-à-vis des carrières. Dans cette partie de territoire, elles sont souvent « en dent creuse », c’est-à-dire qu’elles sont presque invisibles dans le paysage vu du sol. Nous travaillons en coopération avec les carriers sur les aménagements pour réduire leur impact visuel et leurs effets sur la biodiversité.

Au sujet des enjeux sur ce territoire, j’en vois 2 principaux :

Le premier concerne les étangs du territoire. La plupart sont gérés par le département par le label ENS notamment, avec des mises en place de plans de gestions. Cependant, il en reste encore qui sont privés et donc non régis par une politique de gestion et d’entretien. Le principal risque encouru est la transformation du milieu en des espaces de boisements dans un siècle.

« Un des gros changements depuis ces dernières années, c’est l’avancée de l’urbanisation ».

Le deuxième enjeu concerne l’avancée de l’urbanisation. L’équilibre entre paysage naturel et paysage bâti disparaît peu à peu dans la commune de Vézeronce-Curtin et ses alentours. La pression foncière accélère la disparition des zones agricoles et zones humides au profit de logements d’habitation formant plusieurs conurbations depuis une vingtaine d’années. Évidemment, d’un point de vue d’accroissement démographique dans cette partie du territoire, cette poussée d’urbanisation est un phénomène inévitable mais il peut être accompagné avec une qualité paysagère, une meilleure prise en compte des corridors écologiques et d’autres biais d’amélioration que nous essayons de faire valoir ».

3. Composantes paysagères

3.1 - Des paysages ondulés, parfois escarpés et des milieux humides

Caractéristiques
RELIEF & HYDROGRAPHIE

  • À l’ouest, un grand plateau dominant la plaine du Rhône de 200 mètres, entaillé de gorges menant aux « bourgs-portes » de l’ensemble, Crémieu et Hyères-sur-l’Amby
  • En son sein le plateau recèle un vaste réseau karstique dont la grotte la plus célèbre est la grotte de la Balme
  • Un territoire de collines et de milieux humides à l’est, ponctué de tourbières et d’étangs naturels protégés, constitué d’un sous-sol calcaire
  • De longues collines au sud, constituées de calcaire et de versants sableux
  • Une vaste plaine alluvionnaire (le Grand Marais ou plaine de Catelan), ancien marais asséché par de nombreux canaux, séparant l’ensemble paysager en deux parties

3.2 - Des boisements de feuillus couvrant les collines ou leurs versants

Caractéristiques
VÉGÉTATION

  • Des paysages boisés où les essences feuillus prédominent
  • Des boisements soulignant les gorges et les formes arrondies de l’Isle Crémieu ainsi que les coteaux des collines de Morestel
  • Des boisements linéaires composés de haies bocagères, d’arbres d’alignement, de peupleraies et de ripisylves structurant les espaces agricoles et révélant la présence de l’eau
  • Des forêts exploitées par les activités sylvicoles
  • Des forêts alluviales et des milieux aquatiques comme patrimoine naturel remarquable
  • De nombreuses zones humides, réservoirs de biodiversité

3.3 - Une agriculture dynamique maintenant l’ouverture des paysages

Caractéristiques
AGRICULTURE

  • Une agriculture dynamique produisant des paysages composés par l’activité pastorale et les grandes cultures
  • De grandes cultures très ouvertes dans les plaines ou sur les crêtes des collines, notamment la plaine de Catelan dominée par la maïsiculture
  • Principalement sur le plateau de l’Isle Crémieu et sur les versants des collines, de grands paysages de prairies ouvertes interrompues par des haies
  • Une agriculture de grande production très consommatrice en eau, irriguée dans des plaines drainées à caractère humide

3.4 - Des paysages convoités mais encore préservés

Caractéristiques
BÂTI

  • Un déséquilibre entre les parties nord-ouest et sud-est du territoire, produisant des paysages préservés sur le plateau de l’Isle-Crémieu et des paysages fortement convoités et en plein développement dans les collines de Morestel et de Saint-Chef
  • Un patrimoine bâti et architectural riche et diversifié, construit en pierre calcaire sur le plateau de l’Isle-Crémieu et aux abords des collines de Morestel, en pisé dans le secteur sud des collines de Saint-Chef
  • De nombreux châteaux et maisons fortes jalonnant le territoire, illustrant son passé riche et dynamique, créant fréquemment des événements paysagers remarquables lorsque l’on traverse les paysages
  • Des «îles» créées par les zones d’activités économiques, peu nombreuses mais très visibles par le fort contraste paysager qu’elles produisent

3.5 - Des paysages liés à l’eau, pourvus en équipements hydrauliques

Caractéristiques
ÉQUIPEMENTS

  • Par son relief surélevé, un territoire préservé du passage de grandes infrastructures de transport, mais restant connecté grâce à l’A43 qui le longe
  • Un important réseau de canaux d’assèchement qui structure le paysage de la plaine, à la végétation rivulaire souvent absente
  • Un fort potentiel de circulations douces peu exploité, créé par le relief doux et vallonné et les paysages « pépites » qui rythment sa traversée
  • De nombreuses carrières exploitant le sous-sol calcaire, parfois intégrées par les boisements qui les bordent mais visibles par leurs situations ostensibles

3.6 - PAYSAGES INSTITUTIONNALISÉS, RECONNUS ET PROTÉGÉS

3.7 - REPRÉSENTATIONS SOCIALES PAYSAGÈRES

La lecture des paysages  est issue de la conjugaison des thématiques observées dans les chapitres précédents. Mais les paysages sont aussi constitués par le regard que l’on porte sur eux et des images que l’on s’en fait, nourris par un imaginaire social et culturel. On ne pourrait donc pas comprendre leur construction sans tenir compte des fondements culturels qui ont forgé leurs représentations sociales.

Voici quelques faits historiques et culturels locaux qui ont marqué les esprits, ont participé à la représentation sociale des paysages et influencent notre manière de les percevoir.

Retrouvez les thématiques de ces quelques faits, contribuant également aux représentations sociales paysagères du département de l’Isère dans le « Portrait du département ».

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Personnages cÉlÈbres

4. UNITés paysagères