Atlas des paysages
Département de l'isère

Ensemble paysager

8.05

Belledonne

Les communes de l'ensemble paysager par unité paysagère

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Motifs paysagers structurants

1. à premières vues

Belledonne est un nom qui évoque en premier lieu une chaîne de sommets enneigés visible depuis le grand axe alpin qui relie Chambéry, Grenoble et Albertville. Un massif montagnard de 30 km, orienté sur un axe nord-ouest, sud-est, un lieu identitaire fort.

Les paysages de Belledonne constituent un décor quotidien, un point d’appel pour tous les habitants de la vallée du Grésivaudan et un cadre de vie quotidien pour tous les habitants de cette montagne jardinée, bucolique et accessible : les vallons et clairières habitées entourées de versants forestiers.

En deuxième lieu Belledonne évoque un balcon ou piémont habité surplombant la vallée du Grésivaudan et présentant des paysages étagés caractéristiques des vallées alpines.

Le massif de Belledonne offre aussi des paysages surprenants qui viennent diversifier la lecture étagée qu’on peut faire du massif : des vallées orientées nord/sud, l’une encaissée et très boisée (vallée du Haut-Bréda), l’autre très longue et cultivée (vallée de Vaulnaveys), des cratères de lacs en altitude, des gorges et un plateau urbanisé et cultivé face à l’agglomération grenobloise (Champagnier).

Aujourd’hui la montagne de Belledonne est le lieu d’une diversité d’usages : espace de loisirs (ski, randonnée, thermalisme), et un massif exploité (agriculture, sylviculture et hydro-éléctricité)

« Ses sommets enneigés l’hiver et ses prés verdoyants l’été offrent des images naturelles et constituent « le terrain de jeu » favori des populations plus urbaines. Ski et raquettes en hiver, randonnées en été, avec, toujours, ces vues sur le massif de la Chartreuse, en vis-à-vis. ». Centre Ressources régional des paysages d’Auvergne – Rhône-Alpes – Vallées et balcons de Belledonne – 2017

 

2. Regard d'acteur

« Moi j’aime beaucoup me lever et me coucher au calme, face à l’agitation du Grésivaudan, je me sens chanceuse. Cependant je suis inquiète face au développement de la fréquentation. »
Pauline MUSOLESI

Gardienne du refuge Jean Collet, au pied du lac Blanc

« J’habite depuis toujours sur le balcon de Belledonne, autour de Theys. Depuis 8 ans je travaille dans des refuges de montagne, dans les massifs de l’Oisans et de Belledonne. J’ai toujours fait ça, j’aime le calme, le contact physique et intense avec la montagne, l’observation des saisons et l’accueil du public. Le quotidien dans un refuge c’est un rythme de vie, une façon de vivre. On attend que le soleil arrive sur la terrasse pour déjeuner, c’est un plaisir. Ici à Jean Collet c’est une affaire familiale, je travaille avec ma maman.
Mes paysages quotidiens …

Jean Collet, c’est un petit refuge, rustique dans Belledonne sud, sous le Grand Pic et le lac Blanc. Notre localisation est stratégique car on est situé sur le GR 738. Autour de chez nous c’est minéral, un paysage essentiellement composé de cailloux, et de lacs. C’est magnifique. La Grande Lauzière c’est lunaire. Le refuge est à 2000m d’altitude, au niveau de la zone de contact des rhododendrons, des myrtilles et des alpages. Sur le secteur il y a 300 brebis à viande. Ici les activités cohabitent gentiment : activités pastorales et activités récréatives fonctionnement ensemble. Dans Belledonne il y a encore des bêtes dans les alpages et c’est vraiment plaisant, voire rassurant.

Autour de chez nous c’est minéral, un paysage essentiellement composé de cailloux, et de lacs. C’est magnifique. La Grande Lauzière c’est lunaire.

Problématiques : augmentation de la fréquentation et réchauffement climatique

Il y a 5 ans environ, on a connu un tournant avec le projet de « ré-homologation du GR738 » : installation de balises, création de zones de bivouac et développement d’une communication massive et attractive pour donner envie au public de venir se promener dans Belledonne.

Dans Belledonne sud il y a plus de monde que dans Belledonne nord. Avant on avait des groupes de «mangeurs» de GR, des visiteurs avertis et connaisseurs de la montagne. Aujourd’hui on a une fréquentation accrue pour le bivouac. Des campeurs qui viennent le vendredi à la débauche pour passer la nuit à la fraîche. La pratique de la montagne a changé et cette évolution crée des problèmes.

Avant on avait des groupes de «mangeurs» de GR, avertis et connaisseurs de la montagne. Aujourd’hui on a une fréquentation accrue pour le bivouac.

La promotion de la montagne bucolique, accessible, tel un eden, c’est dangereux. Nous gardiens de refuges, on se retrouve régulièrement confronté à des personnes qui ne regardent ni la météo, ni le dénivelé avant de se lancer dans une randonnée. Aussi, il faut rappeler que la montagne est un milieu fragile qu’il faut connaître et respecter pour le pratiquer. Quotidiennement on doit ramasser des poubelles, des excréments, arrêter des feux, expliquer l’interdiction de se baigner dans le lac Blanc, etc. Les chemins sont érodés et s’abîment, il y a trop de monde. Tous ces comportements créent des dégâts sur notre cadre de vie quotidien. Certains secteurs ont fait l’objet d’arrêtés pour contrôler voire interdire les campeurs sur les lacs, mais la problématique est encore bien présente. Je ne veux pas une montagne élitiste mais ici le paysage n’est pas capable d’accueillir un tourisme de masse,

Moi j’aime beaucoup me lever et me coucher au calme, face à l’agitation du Grésivaudan, je me sens chanceuse. Cependant je suis inquiète face au développement de la fréquentation.

Journée type

En pleine saison nos journées sont organisées autour de la cuisine et de l’accueil. Ici les moyens sont réduits, nous n’avons pas l’eau chaude et pas d’électricité, donc tout prend du temps. On vit de façon rustique. Le service des repas est à 18h45 et à 6h30. On est ouvert de juin à septembre et l’hiver on est saisonniers en stations. Notre vie est vraiment rythmée par les saisons.
Il existe un réel fonctionnement collaboratif et convivial avec les autres refuges du massif, notamment ceux situés sur le GR738. Avec le développement croissant de l’itinérance, l’activité des uns dépend de celle des autres. Les refuges sont reliés entre eux mais nous sommes aussi étroitement liés aux villages et vallées. Nous disposons de toutes les commodités à Theys : épicerie, salaison, pain, etc ».

3. Composantes paysagères

3.1 - LA CHAÎNE DE BELLEDONNE

Caractéristiques
RELIEF & HYDROGRAPHIE

  • Une chaine de montagne emblématique surplombant les balcons et le piémont, offrant un véritable belvédères sur les horizons monumentaux du Vercors, de la Chartreuse
  • Des paysages organisés sur un axe géographique nord-est / sud-ouest et étagés sur un important dénivelé : sommets, pentes abruptes et vallons
  • Des vallées spécifiques (Bréda, Allevard, Vaulnaveys) et un plateau / piémont (Champagnier) qui domine de ses 200 m d’altitude la vallée du Grésivaudan et les plaines voisines de la confluence Drac / Romanche / Gresse.
  • Une eau très présente, à l’origine des paysages : torrents, gorges, lacs d’altitude, glaciers

3.2 - un étage montagnard dominé par la forêt

Caractéristiques
VÉGÉTATION

  • Une forte présence de la forêt
  • Un étagement assez net des boisements entre les feuillus sur les fonds de vallées et les premiers coteaux et les résineux sur les pentes abruptes d’altitude.
  • Une campagne jardinée (haies, vergers, arbres isolés).
  • Des résineux qui perturbent la lecture des paysages et participent à une impression de fermeture, une perte de repère et une certaine monotonie

3.3 - DES PRAIRIES ET ALPAGES DOMINANTS DANS LES ESPACES OUVERTS

Caractéristiques
AGRICULTURE

  • Des paysages agricoles surtout façonnés par le pastoralisme sur les pentes et les vallons et par les grandes cultures dans la partie sud-ouest de l’ensemble
  • Une activité agropastorale à l’origine des paysages de clairières

3.4 - Une montagne habitée et convoitée aux portes de GRenoble

Caractéristiques
BÂTI

  • Une structure urbaine traditionnelle bourgs / hameaux installée sur la pente avec un bâti ancien reconnaissable composé de murs pignons face à la pente et de toitures à 2 pans
  • Des paysages urbains très diversifiés, marqués par les époques de constructions et la fonction du lieu : stations thermales, stations de ski, résidentiel récent, etc
  • De nombreuses constructions patrimoniales au sein des villages ou à l’extérieur sur des sites stratégiques

3.5 - un territoire traversé et équipé pour le tourisme et l’hydroéléctricité

Caractéristiques
ÉQUIPEMENTS

  • Des paysages naturels équipés pour le tourisme et l’hydro-éléctricité
  • Des territoires accessibles structurés autour de la D280 (la route des balcons), qui séquence les espaces entre chaque col culminant autour de 900m
  • Des itinéraires de randonnées GR et GRP dans les paysages de la haute montagne

3.6 - PAYSAGES INSTITUTIONNALISÉS, RECONNUS ET PROTÉGÉS

3.7 - REPRÉSENTATIONS SOCIALES PAYSAGÈRES

La lecture des paysages  est issue de la conjugaison des thématiques observées dans les chapitres précédents. Mais les paysages sont aussi constitués par le regard que l’on porte sur eux et des images que l’on s’en fait, nourris par un imaginaire social et culturel. On ne pourrait donc pas comprendre leur construction sans tenir compte des fondements culturels qui ont forgé leurs représentations sociales.

Voici quelques faits historiques et culturels locaux qui ont marqué les esprits, ont participé à la représentation sociale des paysages et influencent notre manière de les percevoir.

Retrouvez les thématiques de ces quelques faits, contribuant également aux représentations sociales paysagères du département de l’Isère dans le « Portrait du département ».

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Personnages cÉlÈbres

4. UNITés paysagères