Atlas des paysages
Département de l'isère

Ensemble paysager

7.16

Cirque du Trièves

Les communes de l'ensemble paysager par unité paysagère

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Motifs paysagers structurants

1. à premières vues

Composantes & Structures paysagères

« À ce premier trait d’originalité (couleur locale) s’ajoute celui de l’ambiance générale de bien-être tranquille d’un paysage soigneusement entretenu et protégé, dans le plus grand cirque naturel du département limité à l’est par les crêtes du Dévoluy et à l’ouest par les falaises du Vercors. »

Le cirque du Trièves est l’ensemble paysager le plus méridional du département, situé entre le Vercors, le Dévoluy et la haute-vallée du Drac. Les massifs montagneux aux sommets majestueux, qui entourent le plateau agricole, constituent un écrin pentu et boisé en forme de cirque gigantesque. Colonne vertébrale de l’unité, les gorges de l’Ébron incisent le plateau avant de déboucher dans le Drac au niveau du lac du Monteynard.

À une petite heure de route de Grenoble, il représente un des territoires riche en activité de de loisirs pour de nombreux grenoblois, venant profiter de ses paysages verdoyants composés d’un relief de petites collines, de ravins et aplombs rocheux, d’une agriculture diversifiée et dynamique et de petits villages préservés d’une urbanisation banalisée. En le parcourant, nos sens s’abandonnent à une lecture paisible de ses paysages bucoliques, jamais brusqués par des éléments trop contrastés, furtivement attirés par quelques éléments remarquables, repères naturels ou construits.

La douceur de ses paysages se doit également au contexte géographique du territoire, de sa situation charnière, entre un climat méridional et un climat continental, un plateau vallonné situé à une altitude intermédiaire et des hautes et moyennes montagnes favorisant un environnement tempéré.

Le cirque du Trièves représente ainsi un des territoires préservés de l’Isère, que l’on arpente avec plaisir en traversant des paysages qui sont le fruit d’une relation respectueuse entre l’homme et son territoire.

 

2. Regard d'acteur

« Avec le dédale de sentiers présents dans le Trièves, un large choix de paysages ruraux s’offre à nous. »
Jérôme DESCOMBES

Accompagnateur de Tourisme équestre/ Exploitant agricole, Mens

« Aujourd’hui, la journée s’annonce bien. Comme tous les matins, je sors pour m’occuper des chevaux. Je ne sais pas encore quel itinéraire je vais emprunter dans la balade d’aujourd’hui avec mes promeneurs. On va prendre les chevaux et monter du côté de Clelles, sur le flanc Est du Vercors, rejoindre le gîte géré par mon père. Avec le dédale de sentiers présents dans le Trièves, un large choix de paysages ruraux s’offre à nous : des boisements sur les versants du massif du Vercors, séparés par des prairies pâturée, où se révèlent des silhouettes de hameaux cachées dans la nature. Dans un registre complètement différent, il y a aussi les lacs d’altitude d’un bleu azur bordés dans des écrins rocheux avec une vue dégagée sur les alpages et les hauts sommets du département. Le matin, le soleil fait face à nous et éclaire l’Obiou comme l’acteur principal dans une scène de théâtre.

« C’est comme tout, il n’y a rien qui est et peut être parfait sinon on ne se rendrait pas compte de notre richesse paysagère ».

Par exemple, l’été, je privilégie des balades le long des berges du Drac, avec une végétation ripisylve développée et verdoyante pour aller jusqu’au lac de Monteynard. à ce moment de l’année, le Pic du Mont Aiguille est souvent dégagé, on peut revenir par les forêts. On peut aussi monter vers le Châtel, offrant des beaux points de vue sur tout le Trièves, mais pas trop, le terrain est accidenté et difficilement praticable à cheval. Les paysages du Trièves sont uniques et variés dans le département. Les crêtes du flanc Est du Vercors sont impressionnantes quand on les regarde depuis les berges du Drac. L’alternance des saisons renouvelle en permanence les paysages. Les changements de couleur se remarquent le plus au niveau des cultures. Elles sont très diversifiées, avec des prairies, des cultures fourragères et des vignes à certains endroits. Cela crée une mosaïque paysagère très colorée que je trouve très belle.

« Les changements de couleur dûs aux saisons créent une mosaïque paysagère très colorée ».

Je m’en rends vraiment compte quand je reviens de vacances, je me dis que j’ai de la chance d’avoir un si beau paysage (rires). La perception et la description de notre paysage quotidien sont parfois difficilement objectivables mais la comparaison avec d’autres paysages métropolitains, ou avec des témoignages de promeneurs qui ne sont pas d’ici nous aident à ouvrir les yeux sur le patrimoine naturel environnant de notre territoire.

Malgré tout, il reste des types de paysages avec lesquels j’ai un peu de mal. Comme la visibilité des lignes électriques dans certains hameaux préservés, typiques du Trièves, avec la plupart des maisons avec un toit en écaille. Bien sûr, j’aimerais les gommer mais, il faut se dire que ces lignes ont un rôle majeur dans la qualité des vies des habitants par l’électricité, le téléphone, internet, etc. On ne peut pas se couper du monde non plus surtout dans le monde rural. C’est comme tout, il n’y a rien qui est et peut être parfait sinon on ne se rendrait pas compte de notre richesse paysagère (rires).

Mon rapport avec le paysage se fait également par ma seconde casquette, celle d’exploitant agricole au sein de mon domaine. Avec mon père, nous cultivons en majorité du fourrage et des céréales : orges, avoines et seigles principalement. Une partie des récoltes nous permettent de nourrir les chevaux tandis que l’autre est destinée à la vente.

Je remarque que les motifs paysagers sont en grande évolution depuis que j’exerce ce métier. J’ai l’impression que les forêts avancent sur les prairies se trouvant en pente, étant peu commodes à l’exploitation. Il est difficile de les entretenir par la mécanisation et cela participe à leur délaissement et à l’enfrichement par manque de rentabilité.

« L’assèchement des ruisseaux est de plus en plus tôt dans l’année ».

Le gros changement observable depuis quelques années, c’est le manque d’eau. L’assèchement de certains ruisseaux se produit de plus en plus tôt dans l’année, cela devient vraiment problématique pour les cultures d’une part et d’autre part, pour le maintien de mon activité de randonnée équestre. En effet, les chevaux ont besoin de s’abreuver au cours des randonnées. Le manque d’eau est tel que certains hameaux interdisent de faire boire les bêtes dans les fontaines. Une problématique à surveiller de près pour les exploitants agricoles/éleveurs.

3. Composantes paysagères

3.1 - Un plateau vallonné entouré de hautes et moyennes montagnes

Caractéristiques
RELIEF & HYDROGRAPHIE

  • Paysage de plateau vallonné lové dans l’écrin constitué par les versants du Dévoluy et du Vercors, en forme de cirque gigantesque
  • Ensemble paysager le plus méridional du Département, formant la limite avec le département des Hautes-Alpes
  • Plateau entaillé par l’Ébron, rivière principale, formant des paysages de plaine puis de gorges, alimentée par les rivières descendant des hauts sommets
  • Le cirque de Treminis, offrant la particularité paysagère d’un petit cirque inclus dans le grand cirque du Trièves, comme une mise en abîme paysagère
  • Sous-sol calcaire et marneux, propice à l’agriculture et se retrouvant dans les matériaux de construction locaux

3.2 - Des boisements de résineux à flanc de montagne

Caractéristiques
VÉGÉTATION

  • Paysages généreusement boisés, reliant le réseau de haies du plateau aux grands boisements des pentes montagneuses et des gorges de l’Ébron
  • Des boisements essentiellement composés de résineux, sapins, épicéas et pins sylvestres, aux couleurs vert sombre présentes toutes l’année, parfois ponctués de feuillus se détachant par leurs couleurs en fort contraste (vert clair au printemps et en été, rouges-orangées à l’automne)
  • Réseau de haies maillant le plateau agricole, dessinant de petites parcelles, composé essentiellement de feuillus, parfois interrompus par quelques résineux
  • Une forte activité sylvicole profitant des boisements de résineux situés dans les pentes des montagnes, souffrant aujourd’hui d’un déficit de régénération lié notamment au changement climatique.

3.3 - La mosaïque paysagère de la polyculture

Caractéristiques
AGRICULTURE

  • Des paysages prairiaux sur les pentes douces et de cultures sur les replats
  • Nombreux alpages à caractère patrimonial sur les montagnes
  • Quelques cultures spécifiques, vignes exposées au sud et maraîchage
  • Nombreuses exploitations bio ou engagées dans des pratiques respectueuses de l’environnement et des productions de qualité et de vente locale

3.4 - Une implantation du bâti profitant de la montagne et du plateau

Caractéristiques
BÂTI

  • Une localisation de l’urbanisation illustrant une relation étroite au territoire et au paysage, permettant de développer les activités sylvicole et agricole : structure en bourg-hameaux répartis en bas des pentes et sur le plateau ou à proximité des cours d’eau
  • Une localisation géographique des bourgs permettant de profiter des vues lointaines sur les paysages de l’ensemble et des effets de covisibilité entre les bourgs
  • Des extensions urbaines récentes peu visibles, résidentielles autour de Mens et des plus grands bourgs, et une ZA à Clelles
  • Une architecture vernaculaire préservée : des centres historiques en pierre calcaire et écailles et des constructions récentes (depuis la moitié du 20ème siècle) respectant les caractéristiques locales

3.5 - Des Équipements intégrés mais remarquables

Caractéristiques
ÉQUIPEMENTS

  • Des paysages peu impactés par les équipements pourtant présents mais très bien intégrés
  • Deux voies de trafic d’échelle départementale et régionale, ferrée et routière, discrètes, épousant parfaitement le relief montagneux et offrant de multiples vues remarquables sur le territoire de l’ensemble
  • Des ouvrages d’arts, viaducs et ponts, bien intégrés, disposant d’une qualité remarquable de conception architecturale et construits en matériaux locaux, constituant des repères visuels discrets et en lien étroit avec le territoire.
  • Une centrale de production d’énergie durable intégrée dans un élément bâti aux caractéristiques architecturales locales, placée centralement et permettant d’alimenter le territoire

3.6 - PAYSAGES INSTITUTIONNALISÉS, RECONNUS ET PROTÉGÉS

3.7 - REPRÉSENTATIONS SOCIALES PAYSAGÈRES

La lecture des paysages  est issue de la conjugaison des thématiques observées dans les chapitres précédents. Mais les paysages sont aussi constitués par le regard que l’on porte sur eux et des images que l’on s’en fait, nourris par un imaginaire social et culturel. On ne pourrait donc pas comprendre leur construction sans tenir compte des fondements culturels qui ont forgé leurs représentations sociales.

Voici quelques faits historiques et culturels locaux qui ont marqué les esprits, ont participé à la représentation sociale des paysages et influencent notre manière de les percevoir.

Retrouvez les thématiques de ces quelques faits, contribuant également aux représentations sociales paysagères du département de l’Isère dans le « Portrait du département ».

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Personnages cÉlÈbres

4. UNITés paysagères