Le plateau de la Matheysine, territoire à la fois préservé mais aussi convoité, est un lieu de passage incontournable depuis l’itinéraire de la route Napoléon.
Orienté nord-sud, cet ensemble paysager s’étend sur un vaste replat surélevé à une altitude moyenne de 900m, dont le relief et les paysages ont été façonnés par les dernières périodes de glaciation.
S’inscrivant au creux de montagnes et de collines arrondies, ses pourtours sont francs et constitués d’entailles creusées par de puissants cours d’eau comme la Romanche, le Drac et la Bonne.
Le cœur du plateau est caractérisé par un chapelet de lacs comme élément paysager symbolique et patrimonial du territoire ainsi que de nombreuses zones humides. Ces étendues d’eau représentent des pôles d’attractivité touristique pour la pratique de loisirs nautiques des isérois.
Encadré par les massifs de hautes altitudes avec en toile de fond la Grande Tête de l’Obiou comme figure de proue du Dévoluy (présent dans l’ensemble paysager limitrophe), le plateau matheysin présente des paysages agraires et bocagers où les villages s’immiscent dans ce relief aux formes arrondies.
L’histoire industrielle du plateau, liée à l’extraction du charbon, marque également les paysages de la Matheysine et son patrimoine dans ses formes urbaines, ses équipements, son architecture et son relief remodelé pour les activités passées. La Mure, principal pôle urbain du plateau, possède un dynamisme et une attractivité qui se ressent aujourd’hui malgré la fermeture du bassin minier à la fin du XXe siècle.

« Le Musée a été initié par des personnes attachées à la mémoire de leur industrie, parmi eux des anciens mineurs. En 1987, l’association «Sauvegarde et mise en valeur du patrimoine mottois» voit le jour et le projet du musée devient son principal objectif. Au fil des années, les bénévoles ont dégagé les galeries, fait d’importants travaux sur le site et ont cherché des financements pour la pérennisation du projet. En 1995, un premier bâtiment, reprenant l’architecture minière de l’époque, a été construit puis un second en 2011 afin de proposer aux visiteurs une muséographie très riche. Au coeur de ces deux bâtiments se trouvent les galeries, sur un parcours de 250m.
Ce projet de construction avait également pour objectif de rendre visible, même dans les paysages lointains, ces bâtiments liés à l’extraction minière. Dans le premier bâtiment, nous avons reconstruit aux 1/3 le chevalement du puits Sainte Marie comme élément de repère et d’identité du plateau.
Deux autres chevalements sont encore présents dans la Matheysine : un à Susville et l’autre à Prunières. Ces bâtiments anciens, à la charge des communes en matière de restauration et d’entretien extérieur, sont le théâtre d’interventions ponctuelles.
À travers le récit de leurs vécus, ils transmettent aux visiteurs leurs émotions sur les paysages souterrains. Le but étant de valoriser le côté humain des activités minières et conserver la mémoire des lieux.
Aussi, la Mine Image travaille en étroite collaboration avec le Petit Train de la Mure pour renforcer l’attractivité du territoire et offrir aux visiteurs un parcours couplé entre la découverte des paysages par le train et la visite du Musée pour faire connaître son passé minier.
Nos activités se concentrent également sur la sensibilisation des plus jeunes à l’histoire de leur territoire. à la demande des écoles et des collèges locaux, des visites du Musée sont organisées où un temps de débat avec un ancien mineur peut être programmé. L’origine du charbon lié à cet affleurement exceptionnel, la géologie, et les phénomènes de plissements du sol lors de la création des Alpes sont présentés pour enrichir les connaissances sur la formation du sol matheysin.
Depuis ces dernières années, le Musée a pris de l’ampleur dans le paysage culturel du Département. Petit à petit les locaux viennent (re)découvrir la mine, autrefois un peu mise de côté. De nouvelles populations se sont installées ce qui favorise le dynamisme du territoire et le développement d’activités. Car depuis la fermeture des mines en 2001, le plateau matheysin était dans le deuil de cette principale activité génératrice d’emploi d’autant plus que durant cette période d’extraction du charbon (environ 200 ans), la Matheysine était autonome et entretenait peu de liens avec les territoires voisins.
Aujourd’hui, l’image du territoire, pas toujours valorisante car souvent liée uniquement au passé minier, est en cours d’évolution notamment grâce à la mise en œuvre d’évènements importants par les acteurs touristiques locaux comme le Trail des Passerelles, dont le parcours passe par le Musée et où les réseaux sociaux véhiculent des images attractives de paysages diversifiés.
La Matheysine est un territoire d’une grande richesse dans son histoire et à travers ses paysages. Il s’agit d’un territoire qu’on parcourt par les sentiers de randonnée, le train et la route Napoléon où les paysages ne se ressemblent pas mais où l’équilibre entre les activités humaines et le socle géographique est toujours harmonieux ».
La lecture des paysages est issue de la conjugaison des thématiques observées dans les chapitres précédents. Mais les paysages sont aussi constitués par le regard que l’on porte sur eux et des images que l’on s’en fait, nourris par un imaginaire social et culturel. On ne pourrait donc pas comprendre leur construction sans tenir compte des fondements culturels qui ont forgé leurs représentations sociales.
Voici quelques faits historiques et culturels locaux qui ont marqué les esprits, ont participé à la représentation sociale des paysages et influencent notre manière de les percevoir.