Atlas des paysages
Département de l'isère

Ensemble paysager

7.14

Vallée du Drac

Les communes de l'ensemble paysager par unité paysagère

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Motifs paysagers structurants

1. à premières vues

Composantes & Structures paysagères

« Cette introduction au Sud-Isère est symbolique d’un des traits majeurs de leurs paysages : leurs horizons lointains sont toujours occupés par les motifs majeurs de la montagne».
« Entre moyenne et haute montagne, les ambiances du Beaumont sont marquées, comme dans le Trièves, par la couleur locale du climat semi-méditerranéen.
Passés les abords des gorges et des retenues de barrages du Drac, où les pentes abruptes sont recouvertes par des boisements denses, ce sont, rive droite, des reliefs plutôt collinéens, et, rive gauche, des plateaux dominant la rivière et eux-mêmes dominés par la majestueuse silhouette de l’Obiou (2 789 m) ».

L’ensemble paysager forme une grande courbe dont le territoire, tout en longueur, est divisé en deux parties :

  • la haute vallée du Drac : du Lac du Sautet au pont de Ponsonnas
  • la basse vallée du Drac : du pont de Ponsonnas jusqu’au Drac, en aval de sa confluence avec la Romanche.

Les paysages sont étagés et alternent entre pentes boisées et replats ouverts et habités. La vision axiale, où les liaisons transversales sont limitées entre les deux rives, marque l’identité de la vallée du Drac.

Grâce à l’encaissement du Drac, les nombreux ouvrages hydroélectriques façonnant les paysages sont particulièrement bien intégrés. Les espaces urbains forment des chapelets groupés et organisés par rive et contrastent avec les villes des plaines de la frange nord, où les développements urbains sont importants en raison de la proximité de Grenoble.

 

2. Regard d'acteur

« Ce que j’apprécie particulièrement c’est de voir les différents utilisateurs heureux d’avoir passé du temps sur notre site, par leur pratique de la voile, de la randonnée ou autres, en ayant pris un bol d’air dans notre espace naturel… »
PAUL-ANDRÉ CHAIX

Responsable d’exploitation du Sivom du Lac de Monteynard

« Arrivé tôt sur site ce matin, le lac est encore ‘d’huile’, sans vent, tout lisse. Je démarre ma journée par un contrôle visuel de la structure de nos passerelles himalayennes (écrous, câbles, caillebotis…). Ouvert au public en août 2007 et inauguré en juin 2008, ce nouvel équipement permet de relier les territoires de part et d’autres du Drac et de créer un vrai trait d’union entre le Trièves et la Matheysine. Marquant fortement le paysage naturel du Lac de Monteynard, cette installation, dédiée principalement aux piétons, offre des points de vue remarquables sur l’étendue d’eau et ses abords et offre une attractivité certaine au territoire.

En tant que responsable d’exploitation au Sivom du Lac de Monteynard, mes activités portent sur les deux rives du lac, où l’accès est seulement possible depuis Treffort (Trièves) et Mayres-Savel (Matheysine). Chaque rive présente des paysages spécifiques : des berges douces et arrondies du coté de la Matheysine et plus abruptes avec des falaises du coté Trièves. Les aménagements sont restreints autour du lac car ils sont étroitement liés aux accès et aux contraintes topographiques.

Le Sivom est un syndicat des communes riveraines du lac : 4 en Trièves et 6 en Matheysine. L’emprise du lac appartient au domaine public hydroélectrique (état), EDF est le gestionnaire du barrage et de la retenue pour la production d’énergie et le Sivom a une délégation de la part d’EDF pour gérer les activités nautiques et touristiques. Au sein de cette structure qui met en lien différents acteurs, je m’occupe également d’établir des partenariats / conventions avec les sociaux professionnels, comme les loueurs, etc.

Beaucoup d’activités sont présentes sur le lac ce qui engendre une organisation et une gestion quotidienne des pratiques pour limiter les conflits d’usages. Il y a les activités de plaisance (bateau à moteur et voilier), la pêche, les loisirs tractés et les sports liés au vent : kite, wing surf, etc. C’est la planche à voile qui a permis le développement des activités touristiques sur le lac dans les années 80. Toutes les activités nautiques sont autorisées mais la baignade est interdite.

Chaque jour, surtout durant la période estivale, je parcours les sentiers pour informer les randonneurs et les guider sur les chemins de randonnée. Je vérifie et remets en place si besoin les panneaux indicateurs pour garantir une signalétique de qualité. L’entretien des sentiers est partagé selon leur nature entre le Sivom et les deux communautés de communes concernées. Avec les passerelles, de nouveaux sentiers ont été créés ou rouverts pour proposer une offre touristique complète nommée la ‘randonnée des passerelles’. Ce parcours permet une découverte de territoires invisibles ou du moins peu connus du grand public jusqu’à présent. Les paysages sont variés : on profite d’une vision en surplomb depuis les passerelles, de points de vue remarquables sur les montagnes et les territoires voisins depuis les sentiers et au plus proche de l’eau depuis le bateau passager qui traverse le lac.

J’accorde également beaucoup d’importance aux différents espaces d’accueil sur les deux rives pour offrir un paysage qui n’est pas dégradé par les précédents visiteurs notamment (gestion des déchets, débroussaillage, etc.). La qualité de l’accueil est primordiale car c’est l’image qu’on va retenir d’un lieu.

Aujourd’hui, nous relevons une augmentation de la fréquentation du Lac de Monteynard, où les flux des usagers s’étendent dorénavant de février à novembre. La randonnée des passerelles et l’évènement sportif ‘le trail des passerelles’ ont emmené de la visibilité sur ce territoire où le grand public peut désormais profiter des attraits du lac, autrefois prisé davantage par les sportifs chevronnés. Mais cette augmentation du nombre d’usagers engendre également une saturation du site sur certaines périodes de l’année avec des conséquences à anticiper sur les aménagements (organisation des stationnements, etc.), sur la gestion et la sécurité du public.

Ce que j’apprécie particulièrement c’est de voir les différents utilisateurs heureux d’avoir passé du temps sur notre site, par leur pratique de la voile, de la randonnée ou autres, en ayant pris un bol d’air dans notre espace naturel et un peu de fraicheur avant de retourner vers les villes voisines (agglomération grenobloise, etc.) »

3. Composantes paysagères

3.1 - Une vallée profonde alternant entre étendues d’eau et gorges

Caractéristiques
RELIEF & HYDROGRAPHIE

  • Une profonde vallée encaissée comme colonne vertébrale de l’ensemble paysager
  • Un Drac qui se laisse entrevoir dans les paysages selon les formes du relief mais une eau qui reste peu accessible
  • Une vallée organisée en replats et corniches près de l’eau, dominée par des massifs montagneux remarquables
  • Présence de la Réserve Naturelle des Isles du Drac avec son paysage de méandres
  • Un sol composé de calcaires et de marnes comprenant des alluvions plus récentes liées à l’érosion et au passé glaciaire

3.2 - Des boisements soulignant le relief et la présence de l’eau

Caractéristiques
VÉGÉTATION

  • Des paysages aux boisements denses qui contrastent avec les alpages et les replats agricoles
  • Des boisements de feuillus, de conifères et des forêts mixtes sur l’ensemble des pentes du relief
  • Des forêts exploitées avec une activité sylvicole dynamique et entretenues pour limiter les risques naturels
  • Des boisements soulignant les formes du relief et la présence de l’eau
  • Une avancée de la forêt et une fermeture des paysages sur les terrains les moins exploitables
  • Un bocage de montagne présent sur les terrains légèrement en pente et structurant les paysages agraires

3.3 - Des paysages agraires étagés de part et d’autre du Drac

Caractéristiques
AGRICULTURE

  • Des espaces agricoles présents dans l’ensemble de la vallée et sur les sommets des massifs montagneux
  • Des abords du Drac où les paysages agraires prédominent sous la forme de replats étagés
  • De nombreux alpages à caractère patrimonial en haut des montagnes
  • Une agriculture peu diversifiée, composée essentiellement d’espaces pâturés et cultivés
  • Des arbres fruitiers qui ponctuent les parcelles agricoles et les abords des voies de circulation

3.4 - Un Bâti groupé sur les replats et diffus dans les plaines

Caractéristiques
BÂTI

  • Des villages groupés de petite taille et organisés le plus souvent autour des routes principales (village-rue), sur les replats ouverts de chaque rive du Drac avec des effets de covisibilité entre les bourgs
  • Un développement urbain marqué sur la frange nord de la basse vallée qui contraste avec les paysages moins habités de la haute vallée du Drac
  • Une pression foncière liée aux infrastructures et à la proximité de Grenoble qui transforme fortement les paysages
  • Des activités économiques concentrées au nord de l’ensemble paysager avec la présence notamment du site industriel majeur de Jarrie
  • Une architecture vernaculaire et rurale préservée dans les villages où la population locale s’est maintenue

3.5 - un territoire équipé et traversé

Caractéristiques
ÉQUIPEMENTS

  • Des paysages fortement équipés, marqués par les aménagements hydroélectriques le long du Drac, les lignes à haute tension et les ouvrages d’art liés au tracé de l’autoroute A 51 et de la voie ferrée
  • Un territoire traversé, offrant des itinéraires paysagers remarquables de part et d’autre du Drac
  • Des liaisons transversales peu présentes entre chaque rive qui orientent les usages des populations
  • Des éoliennes marquant le territoire Sud-Isère
  • Un territoire touristique attractif à travers notamment la présence de bases nautiques sur les lacs du Drac, les passerelles himalayennes, les belvédères, etc.

3.6 - PAYSAGES INSTITUTIONNALISÉS, RECONNUS ET PROTÉGÉS

3.7 - REPRÉSENTATIONS SOCIALES PAYSAGÈRES

La lecture des paysages  est issue de la conjugaison des thématiques observées dans les chapitres précédents. Mais les paysages sont aussi constitués par le regard que l’on porte sur eux et des images que l’on s’en fait, nourris par un imaginaire social et culturel. On ne pourrait donc pas comprendre leur construction sans tenir compte des fondements culturels qui ont forgé leurs représentations sociales.

Voici quelques faits historiques et culturels locaux qui ont marqué les esprits, ont participé à la représentation sociale des paysages et influencent notre manière de les percevoir.

Retrouvez les thématiques de ces quelques faits, contribuant également aux représentations sociales paysagères du département de l’Isère dans le « Portrait du département ».

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Personnages cÉlÈbres

4. UNITés paysagères