Atlas des paysages
Département de l'isère

Ensemble paysager

7.12

La vallée de l’Isère

Les communes de l'ensemble paysager par unité paysagère

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Motifs paysagers structurants

1. à premières vues

Composantes & Structures paysagères

L’ensemble paysager de la vallée de l’Isère est composé de différents paysages caractéristiques :

  • La vallée du Grésivaudan et les coteaux habités du Mont St Eynard,
  • La cluse de Voreppe : la porte d’entrée des Alpes et de l’agglomération Grenobloise,
  • La basse vallée de l’Isère avec notamment les plaines jardinées de St Marcellin, Vinay et Tullins et la plaine du Bas-Royans.

« La grande vallée (du Grésivaudan), vue par certains comme la partie la plus surprenante des Alpes du Nord, s’impose à l’attention par son caractère exceptionnellement monumental. (…) Une plaine grande ouverte à la lumière et une voie d’échanges et d’activités qui jouèrent un rôle majeur dans la prospérité de tout le pays environnant. »

« La cluse de Voreppe est enserrée entre Chartreuse et Vercors. Imposante, elle se repère de loin sur l’autoroute et frappe généralement les mémoires. Ainsi, elle symbolise la porte d’entrée des Alpes. Pourtant, lorsqu’on s’en approche, l’image est tout autre, passant de l’exceptionnalité à la banalité. »  Centre Ressources régional des paysages d’Auvergne – Rhône-Alpes – Cluse de Voreppe – 2017

« La plaine du bas-Grésivaudan et Bas-Royans se dessine tout en longueur suivant le cours de l’Isère. (…) La plaine est très marquée par la culture de la noix. Une plaine entière devenue verger, c’est un exemple rare de paysage. » – Centre Ressources régional des paysages d’Auvergne – Rhône-Alpes – Plaine du bas-Grésivaudan et Bas-Royans – 2017

2. Regard d'acteur

« Depuis les années 2000, l’enjeu est de transformer la contrainte technique liée à l’écoulement des eaux en outil de valorisation et d’amélioration du cadre de vie de habitants. »
Thomas Pouderoux

Responsable développement Isère Habitat

« Je vis à Saint-Martin-d’Uriage, mon bureau est à Échirolles et je travaille dans tout le secteur de l’agglomération grenobloise et la vallée du Grésivaudan et plus largement dans la vallée de l’Isère. Je suis donc amené à pas mal me déplacer et je me rends compte que mes déplacements sont toujours structurés par les montagnes. Avant j’habitais à Lyon mais j’ai fait le choix de partir vivre dans une région de montagne, proche d’un pôle urbain. Ce qu’on entend souvent c’est qu’à Grenoble, à chaque bout de rue il y a une montagne. C’est vrai que c’est un plus mais ce que j’apprécie vraiment c’est les variations d’ensoleillement en fonction des moments de la journée. Dans la vallée du Grésivaudan, la rive Ouest à le soleil le matin et la rive Est reste dans la brume, couverte de gelées blanches jusqu’à tard dans la journée. Ça donne une vraie ambiance aux paysages de la vallée.

Je suis responsable de développement chez Isère Habitat. Je suis promoteur immobilier et j’échange au quotidien avec les propriétaires privés, les élus et les équipes de maîtrise d’œuvre qui conçoivent les projets. Mon métier regroupe différentes missions : identifier le foncier, acheter le foncier et monter des projets immobiliers pour l’accession sociale à la propriété, c’est-à-dire permettre au plus grand nombre d’être propriétaire de son logement. Isère habitat est une coopérative à but non lucrative qui se démarque des autres promoteurs immobiliers en se positionnant de manière différente sur les projets. Le mode de gouvernance permet de sortir des sentiers battus: aller sur des communes peu attractives, innover à travers le bail réel solidaire sur des secteurs à prix élevés, utiliser de la terre crue dans les projets, etc.

« Dans mon travail , surtout ici en Isère, la relation au grand paysage est quasi systématique (…). Nos opérations immobilières sont largement influencées par le site et le paysage. »

Dans mon travail, surtout ici en Isère, la relation au grand paysage est quasi systématique, c’est une première échelle de travail. Nos opérations immobilières sont largement influencées par le site et le paysage et on constate que les enjeux sont variables selon les secteurs. Par exemple :

Dans la vallée du Grésivaudan, c’est le compromis entre la vue grandiose sur les montagnes et l’exposition au soleil qui est enjeu dans l’implantation de nos constructions. Le débat récurrent est de savoir si on suit la course du soleil ou si on privilégie la vue.

Dans l’agglomération de Grenoble, l’enjeu est de transformer la contrainte topographique (ville située dans une cuvette étroite entre trois massifs) et hydraulique (convergence de cours d’eau au régime torrentiel), en plus-value pour l’habitat. Les contraintes naturels deviennent des éléments de valorisation essentiel pour la qualité de l’habitat.

Puis dans le sud, les paysages de vergers de noyers, au pied des falaises impressionnantes du Vercors s’ouvrent vers autre chose, un autre langage, un nouvel imaginaire, une autre typologie architecturale.

Ensuite il y a l’échelle de la parcelle, primordiale dans notre travail. Depuis les années 2000, l’enjeu est de transformer la contrainte technique liée à l’écoulement des eaux en outil de valorisation et d’amélioration du cadre de vie de habitants.

La réflexion à l’échelle de la parcelle c’est aussi l’aménagement des limites et des espaces partagés, souvent sans programme. Chez Isère Habitat on cherche à développer des projets sur ces espaces sans fonction, mais dans un second temps. On attend d’avoir les habitants et on définit la fonction, le programme et l’aménagement en co-construction pour être en adéquation avec les usages souhaités. C’est une méthode très positive, qu’on applique de plus en plus depuis environ depuis 7/8 ans.

«On attend d’avoir les habitants et on définit la fonction, le programme et l’aménagement en co-construction pour être en adéquation avec les usages souhaités.»

Dans notre métier je dirais que les tendances et les évolutions des dernières années concernent principalement :

  • Le Zéro Artificialisation Nette (ZAN). Nous sommes historiquement spécialisés sur les constructions de logements collectifs neufs en R+3, R+4. Nous devons aujourd’hui nous positionner sur les projets en réhabilitation, dans un contexte de ZAN.
  • L’Orientation d’Aménagement et de Programmation (OAP) Paysage du Plui de Grenoble. C’est une grande nouveauté vraiment bénéfique pour nos territoires mais la règle est difficile à interpréter car on rentre dans du sensible. L’urbanisme était binaire et cette OAP a bouleversé les acteurs. Son appréhension est délicate. Le problème c’est la formation des acteurs, ça prend du temps il faut s’approprier les règles, se questionner, et répondre aux différentes questions.»

3. Composantes paysagères

3.1 - Une longue vallée glaciaire structurante pour le département

Caractéristiques
RELIEF & HYDROGRAPHIE

  • Un paysage de vallée formé par le passage des glaciers et par l’érosion plus récente liée aux torrents (Drac, Isère et leurs affluents)
  • Des paysages diversifiés au sein d’une même vallée longue de 100km et large de 5km
  • Quatre massifs montagneux qui forment le cadre de la vallée et dessinent 3 séquences : le Haut Grésivaudan, la cuvette grenobloise, et le bas Grésivaudan
  • Un socle géographique très marqué qui forme des repères paysagers forts : sommets, confluences, porte des Alpes, etc.

3.2 - Des structures paysagères dessinées par les boisements

Caractéristiques
VÉGÉTATION

  • Des boisements sur les versants abrupts formant un écrin pour la vallée et mettant en scène les massifs montagneux
  • Des paysages façonnés par le passage de l’eau : chapelet de milieux humides et linéaires boisés (ripisylves) le long des cours d’eau
  • Des arbres repères dans l’espace urbain, assurant des coupures d’urbanisation : alignements plantés, parcs, arbres isolés remarquables, etc.

3.3 - Des paysages agraires alternant entre noyeraie, prairie et culture

Caractéristiques
AGRICULTURE

  • Des paysages agraires où la culture de la noix marque l’identité de la vallée de l’Isère et où les vergers, qui s’étendent à perte de vue, prédominent dans le sud-Grésivaudan
  • Un sol fertile propice à l’agriculture en lien avec la présence d’eau et aux alluvions fluvio-glaciaires
  • Des parcelles agricoles où s’équilibre principalement arboriculture, pâtures et grandes cultures
  • Une agriculture périurbaine ceinturant l’agglomération grenobloise et créant des continuités avec les espaces agraires et naturels de la vallée
  • Des vergers de noyers en développement qui participent à l’uniformité des paysages agraires

3.4 - Une vallée urbanisée autour des pôles urbains et sur les coteaux

Caractéristiques
BÂTI

  • Une vallée très urbanisée
  • Une organisation historique de l’habitat en hauteur sur les cônes de déjection (adret) et aux débouchés des torrents (ubac)
  • Des extensions urbaines récentes le long des axes de communication majeurs et dans la plaine
  • Un patrimoine bâti riche, entre pierre, béton et bois aux influences diversifiées : architecture abbatiales, médiévale, cartusienne et «bétonnée»

3.5 - un axe majeur de communication régional

Caractéristiques
ÉQUIPEMENTS

  • Des paysages «hyper-connectés», et largement équipés traversés par des infrastructures linéaires et transversales qui accentuent la perception découpée que l’on se fait de la vallée entre l’Ubac et l’Adret
  • Des digues et nombreuses infrastructures hydrauliques à l’origine de l’occupation de la plaine alluviale
  • Une vallée qui concentre les carrières et gravières en cours d’exploitation ou déjà en zone naturelle de pêche ou de baignade ou en base de loisirs.
  • Une vélo-route reliant Chambéry-Valence

3.6 - PAYSAGES INSTITUTIONNALISÉS, RECONNUS ET PROTÉGÉS

3.7 - REPRÉSENTATIONS SOCIALES PAYSAGÈRES

La lecture des paysages  est issue de la conjugaison des thématiques observées dans les chapitres précédents. Mais les paysages sont aussi constitués par le regard que l’on porte sur eux et des images que l’on s’en fait, nourris par un imaginaire social et culturel. On ne pourrait donc pas comprendre leur construction sans tenir compte des fondements culturels qui ont forgé leurs représentations sociales.

Voici quelques faits historiques et culturels locaux qui ont marqué les esprits, ont participé à la représentation sociale des paysages et influencent notre manière de les percevoir.

Retrouvez les thématiques de ces quelques faits, contribuant également aux représentations sociales paysagères du département de l’Isère dans le « Portrait du département ».

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Personnages cÉlÈbres

4. UNITés paysagères