L’ensemble paysager de la vallée de l’Isère est composé de différents paysages caractéristiques :
« La grande vallée (du Grésivaudan), vue par certains comme la partie la plus surprenante des Alpes du Nord, s’impose à l’attention par son caractère exceptionnellement monumental. (…) Une plaine grande ouverte à la lumière et une voie d’échanges et d’activités qui jouèrent un rôle majeur dans la prospérité de tout le pays environnant. »
« La cluse de Voreppe est enserrée entre Chartreuse et Vercors. Imposante, elle se repère de loin sur l’autoroute et frappe généralement les mémoires. Ainsi, elle symbolise la porte d’entrée des Alpes. Pourtant, lorsqu’on s’en approche, l’image est tout autre, passant de l’exceptionnalité à la banalité. » Centre Ressources régional des paysages d’Auvergne – Rhône-Alpes – Cluse de Voreppe – 2017
« La plaine du bas-Grésivaudan et Bas-Royans se dessine tout en longueur suivant le cours de l’Isère. (…) La plaine est très marquée par la culture de la noix. Une plaine entière devenue verger, c’est un exemple rare de paysage. » – Centre Ressources régional des paysages d’Auvergne – Rhône-Alpes – Plaine du bas-Grésivaudan et Bas-Royans – 2017

« Je vis à Saint-Martin-d’Uriage, mon bureau est à Échirolles et je travaille dans tout le secteur de l’agglomération grenobloise et la vallée du Grésivaudan et plus largement dans la vallée de l’Isère. Je suis donc amené à pas mal me déplacer et je me rends compte que mes déplacements sont toujours structurés par les montagnes. Avant j’habitais à Lyon mais j’ai fait le choix de partir vivre dans une région de montagne, proche d’un pôle urbain. Ce qu’on entend souvent c’est qu’à Grenoble, à chaque bout de rue il y a une montagne. C’est vrai que c’est un plus mais ce que j’apprécie vraiment c’est les variations d’ensoleillement en fonction des moments de la journée. Dans la vallée du Grésivaudan, la rive Ouest à le soleil le matin et la rive Est reste dans la brume, couverte de gelées blanches jusqu’à tard dans la journée. Ça donne une vraie ambiance aux paysages de la vallée.
Je suis responsable de développement chez Isère Habitat. Je suis promoteur immobilier et j’échange au quotidien avec les propriétaires privés, les élus et les équipes de maîtrise d’œuvre qui conçoivent les projets. Mon métier regroupe différentes missions : identifier le foncier, acheter le foncier et monter des projets immobiliers pour l’accession sociale à la propriété, c’est-à-dire permettre au plus grand nombre d’être propriétaire de son logement. Isère habitat est une coopérative à but non lucrative qui se démarque des autres promoteurs immobiliers en se positionnant de manière différente sur les projets. Le mode de gouvernance permet de sortir des sentiers battus: aller sur des communes peu attractives, innover à travers le bail réel solidaire sur des secteurs à prix élevés, utiliser de la terre crue dans les projets, etc.
« Dans mon travail , surtout ici en Isère, la relation au grand paysage est quasi systématique (…). Nos opérations immobilières sont largement influencées par le site et le paysage. »
Dans mon travail, surtout ici en Isère, la relation au grand paysage est quasi systématique, c’est une première échelle de travail. Nos opérations immobilières sont largement influencées par le site et le paysage et on constate que les enjeux sont variables selon les secteurs. Par exemple :
Dans la vallée du Grésivaudan, c’est le compromis entre la vue grandiose sur les montagnes et l’exposition au soleil qui est enjeu dans l’implantation de nos constructions. Le débat récurrent est de savoir si on suit la course du soleil ou si on privilégie la vue.
Dans l’agglomération de Grenoble, l’enjeu est de transformer la contrainte topographique (ville située dans une cuvette étroite entre trois massifs) et hydraulique (convergence de cours d’eau au régime torrentiel), en plus-value pour l’habitat. Les contraintes naturels deviennent des éléments de valorisation essentiel pour la qualité de l’habitat.
Puis dans le sud, les paysages de vergers de noyers, au pied des falaises impressionnantes du Vercors s’ouvrent vers autre chose, un autre langage, un nouvel imaginaire, une autre typologie architecturale.
Ensuite il y a l’échelle de la parcelle, primordiale dans notre travail. Depuis les années 2000, l’enjeu est de transformer la contrainte technique liée à l’écoulement des eaux en outil de valorisation et d’amélioration du cadre de vie de habitants.
La réflexion à l’échelle de la parcelle c’est aussi l’aménagement des limites et des espaces partagés, souvent sans programme. Chez Isère Habitat on cherche à développer des projets sur ces espaces sans fonction, mais dans un second temps. On attend d’avoir les habitants et on définit la fonction, le programme et l’aménagement en co-construction pour être en adéquation avec les usages souhaités. C’est une méthode très positive, qu’on applique de plus en plus depuis environ depuis 7/8 ans.
«On attend d’avoir les habitants et on définit la fonction, le programme et l’aménagement en co-construction pour être en adéquation avec les usages souhaités.»
Dans notre métier je dirais que les tendances et les évolutions des dernières années concernent principalement :
La lecture des paysages est issue de la conjugaison des thématiques observées dans les chapitres précédents. Mais les paysages sont aussi constitués par le regard que l’on porte sur eux et des images que l’on s’en fait, nourris par un imaginaire social et culturel. On ne pourrait donc pas comprendre leur construction sans tenir compte des fondements culturels qui ont forgé leurs représentations sociales.
Voici quelques faits historiques et culturels locaux qui ont marqué les esprits, ont participé à la représentation sociale des paysages et influencent notre manière de les percevoir.